L’exil parisien, 13 février 2016

Ce samedi 13 février 2016, à Beaubourg, parmi les visiteurs du centre Georges Pompidou, des exilés. Afghans, Soudanais, Érythréens. Ils ont choisi de monter leurs tentes sur la place publique afin de solliciter la protection des badauds, celle que leur refuse la France. Cette dernière se plaît plutôt à la politique de l’usure : violences policières pour des nuits sans sommeil entre les coups de bottes, de matraques et les gaz lacrymogènes. Et ce, de Gare de l’Est à Stalingrad ; et ce, malgré le rempart de la « prison », ce terrain de basket grillagé sous le métro aérien au sein duquel les exilés s’étaient réfugiés.
Mais alors, ce samedi à Beaubourg, que seulement quelques minutes avaient suffit aux effectifs de la police et de l’armée pour  intervenir aux yeux de tous, il se mit à pleuvoir. Et les forces de l’ordre, cherchant refuge pour un repli, laissèrent aux Afghans quelques minutes de répit. Ces derniers entamèrent alors une danse, sur un fond de musique traditionnelle amplifiée au mégaphone. Malgré la pluie, l’armée, la police. Sous les couvertures de survie qui scintillaient et ruisselaient. C’est la résistance.
Mais devant le refus catégorique de la préfecture d’envisager une mise à l’abri alors que le centre Emmaüs de Blanche est vide de 130 places, ce fut la résilience. C’était vain, les exilés le savaient comme nous.
Mais pour la beauté de la lutte, et surtout car c’est désormais notre unique espoir, nous recommencerons.

Facebooktwittergoogle_plusmail
Chargement...