Samedi 13 Février 2016 – Beaubourg/Paris

Beaubourg le 13 février 2016 © photo Laurent Grossmann

Merci! Merci à tous ces Policiers, Gendarmes et CRS qui se sont déplacés aujourd’hui. Merci à cette commissaire de Police, merci à l’état, merci au Préfet, merci au Maire de Paris et merci au Président de la République. Pourquoi je vous remercie tous? Parce que grâce à vous cette après-midi fut merveilleuse! Grâce à votre compétence, grâce à votre volonté de bien faire les choses, grâce à votre humanité, grâce à votre grand coeur pour protéger les femmes et les hommes de ce pays, grâce à votre bonté d’âme, grâce à votre bon sens, grâce à votre engagement et j’en oublie surement, enfin grâce à toutes vos qualités, vous laissez, une nuit de plus dormir dans la rue ces dizaines d’exilé-e-s qui sont venus trouver refuge en France. 

Mais pourquoi ces exilés sont-ils venus monter des tentes à Beaubourg? C’est très simple, je vais vous la faire courte comme je disais à Madame la Commissaire: « En plus de ne pas avoir de toit, ils se font harceler toutes les nuits par la Police qui les réveillent à coup de pied et qui utilisent des gaz lacrymogène pour les faire partir de leurs différents emplacements. »

Mais comme nous a répondu le Commissaire, « c’est le week-end, on ne peut appeler personne, et pourquoi vous n’avez pas fait ça hier ou Jeudi » nous a t-elle  demandé. Que répondre à ça? La misère humaine ne fait plus pleurer personne, et le weekend, c’est sacré pour ceux qui ont un toit, pour ces nantis qui sont à l’abri.

Le gag ne s’arrête pas là, nous avons beaucoup ri grâce à ce policier qui a surement raté une carrière dans la comédie en répondant à un militant qui lui demandait: « on aimerait parler avec quelqu’un qui en sait un peu plus que vous sur le logement » et ce merveilleux agent lui a répondu: « Dieu, allez parler à Dieu ». Merci de nous envoyer vos illuminés.

Nous avons aussi eu le droit à la négociation, et quelle négociation: démonter les tentes pour avoir peut-être un rendez-vous avec la Préfecture ou pour appeler un centre d’hébergement qui a probablement des places (130 places). On négocie donc la survie des gens, on négocie sur les droits des hommes, on négocie sur les devoirs de l’état.

Pour finir en beauté nous avons eu le droit à la menace, que forcément nous avons pris au sérieux, menace que la Police nous charge si nous ne démontons pas le campement car nous « occupons illicitement le domaine public », et ça c’est illégal! Mais laisser des humains sans toit, ça c’est légal! Laisser la misère dans sa misère, ça c’est légal!

Pour être sérieux, bravo à tous ces hommes qui après de longs mois d’exodes ont encore la force de lutter. Et merci à tous ces soutiens, militants, passants qui ont bravé la pluie pour soutenir nos amis.

La lutte continue, ils ne lâcheront rien, ils ont notre soutien inconditionnel!

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