La lutte continue sous le métro Stalingrad, cette fois-ci avec des femmes et des enfants!

Credit Morgann

Depuis Mardi soir, un groupe d’éxilé-e-s dont ceux qui sont restés sur le carreau lundi matin, des nouveaux arrivants et notamment des femmes avec leurs enfants se sont regroupés sous le métro Stalingrad. La pression policière a été forte encore une fois ce soir là, mais le nombre de réfugiés et de soutiens ont eu raison des forces de l’ordre.

Le message de ces femmes à la rue est clair:
« Le chien en France a des droits et dort sous un toit, nous non. Nous sommes épuisées. Nous réclamons un toit et le respect de nos droits. »

Credit Clémentine Verschave
Credit Clémentine Verschave

Voici le témoignage de Morgann, une soutien qui était sur place Mardi soir:

« Ce soir, sous le ponts du métro aérien au niveau de Stalingrad, j’ai fait une rencontre qui me laisse depuis sans voix. Je me contenterai donc de porter celle de A., qui m’a explicitement donné son accord.

A. vient d’Afrique. A. parle anglais. Elle a étudié, et travaillé dans l’esthétique. Veuve, elle vit en France depuis 2 ans. Elle a désormais un fils d’un peu plus d’un an. Tous deux ont des papiers.
Mais ce soir, cela ne compte plus. Elle abandonne. Son corps ne « peut plus ». Depuis deux ans, entre le 115 et la prise en charge à destination des familles, elle  vit entre les hôtels précaires de banlieue parisienne. Chaque soir, elle doit s’y rendre seule, par ses propres moyens. Là bas, pas de nourriture, et elle ne peut y cuisiner pour son fils.
Son amie, enceinte de 9 mois, est dans le même cas, ne pouvant désormais plus se déplacer.

Alors ce soir, A. son fils, leur amie et les autres exilé.e.s dormiront sous le pont du métro aérien à Stalingrad, dans le froid et sous la menace des violences policières quotidiennes.
A. supplie Dieu d’exhausser son unique souhait : un refuge pour elle et son fils, où que ce soit. Un terme à un exil interminable. »

Les exilé-e-s ne sont pas nouveaux à Paris, ils ne sont pas tous syrien-ne-s, ils ont des droits, nous nous devons de les respecter, l’état se doit de les appliquer.

Grillages

Mercredi matin, la Mairie a demandé à son service technique d’installer des grillages à l’emplacement du campement (ceci méritera un article plus en détail qui montre la stratégie de bunkérisation de la Marie de Paris, qui clos les espaces publiques pour éviter tout campement dans Paris). Un responsable de la préfecture de police étant sur place a demandé à la Mairie de ne pas les installer car les exilé-e-s étaient toujours présents. Ils les ont déposé pour le faire ultérieurement. Le service de sécurité est aussi venu rendre visite à nos amis pour permettre au service de nettoyage de « nettoyer les lieux », mais grâce à la présence de nombreux exilé-e-s et soutiens, cela n’a pas été possible. Aussi, lorsque la distribution du midi est arrivé, les policiers ont demandé à leurs supérieurs s’ils autorisaient la distribution de nourriture… »Vraiment? Vous allez interdire de nourrir des gens? ». Les supérieurs ont accepté la distribution.

La nuit dernière, comme toutes les nuits, ils ont manqué de couvertures.

Tous les soutiens sont les bienvenus pour aider, soutenir, rassurer nos ami-e-s.

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