Lundi 7 Mars 2016 – « Récit d’une évacuation » par Karine Morales

Credit Karine Morales

Lundi 7 mars. 05h15. Je claque la portière de la voiture. Derrière le volant m’attend Bahia et son sourire lumineux, ma coéquipière pour la veillée et mon amie depuis quelques mois. La voiture démarre, elle a préparé du thé chaud que nous buvons dans des gobelets en carton, il réchauffe mon corps encore engourdi par le sommeil. Nous descendons l’avenue Simon Bolivar, la ville est endormie, je pourrais dire paisible si je ne connaissais pas notre destination. Nous nous garons en face de la station de métro Stalingrad. En sortant de la voiture je réajuste mon bonnet, le froid et sans doute la situation aussi me font frissonner. Sous le métro aérien trois cents personnes sont allongées sur des cartons et des matelas de fortune. Les poubelles débordent de part et d’autre du campement.

En arrivant de l’autre côté de la rue, nous découvrons non sans angoisse que certains exilés sont debout, serrés les uns contre les autres autour d’un feu. Ils font brûler des cagettes, des ordures et tendent leurs mains vers ce petit point de chaleur. Un Calais en plein Paris… Une fumée noire, épaisse, à l’odeur toxique s’en échappe et risque très rapidement d’attirer l’attention des policiers postés dans une voiture de l’autre côté de la rue. Nous tentons de leur expliquer qu’il serait plus prudent d’éteindre ou du moins de réduire le brasier, mais difficile de se faire entendre et à juste titre, quand c’est la seule source de chaleur dont ils bénéficient. Il fait si froid et je m’en veux de grelotter dans ma doudoune.

Nous avons rejoint Fred qui a assuré la veillée depuis deux heures, afin de lui signaler qu’il peut rentrer dormir. C’est à ce moment-là qu’un premier fourgon de CRS passe sur le boulevard mais ne s’arrête pas, on se dit que ce n’était peut-être pas pour nous… Un jeune Afghan vient nous demander si nous savons quand on viendra les chercher, quand ils auront un hébergement, il nous dit qu’il est fatigué qu’il ne veut plus rester ici. Cette question que nous avons entendu tant de fois, ce « When ? » auquel nous ne pouvons jamais répondre, je ne m’y habitue pas. Je me sens toujours aussi mal à l’aise de ma non-réponse : « I don’t know… ». « Why are we treated like that ? », « I don’t know, I’m so sorry… ». Mes yeux qui s’attardent sur le bitume traduisent mes sentiments : ce n’est pas de la lâcheté, c’est de la honte. A cet instant, je croise le regard d’un soudanais qui est allongé sur un tapis de sol, il me sourit timidement, puis remonte le plaid en polaire sur son visage, pour protéger ses yeux de la lumière des lampadaires. Pour se protéger du bruit assourdissant des travaux sur la plateforme au dessus de sa tête à cinq heures du matin, par contre, il n’a rien.

Et puis soudain c’est plusieurs fourgons de CRS qui s’engagent à nouveaux sur le boulevard, ils s’arrêtent et des hommes en descendent. L’angoisse monte d’un seul coup, expulsion ou évacuation ? Le périmètre est rapidement bouclé. Des policiers en civil sortent des voitures. Avec Bahia, nous traversons le campement pour aller à leur rencontre mais le premier à qui l’on s’adresse, nous rétorque d’un ton sec qu’il ne peut pas nous répondre… Une représentante de la préfecture nous parle avec le même dédain que ce dernier : force est de constater que l’État est représenté par des gens qui lui ressemblent. J’aurais préféré que la cohérence ne soit pas de mise. Nous reconnaissons alors des personnes d’Emmaüs, et c’est l’espoir tout à coup. S’ils sont là, c’est qu’il s’agit très certainement d’une évacuation, ce qu’une responsable nous confirme : « des bus vont arriver pour évacuer tout le monde vers des centres d’hébergement d’urgence ». Elle nous demande ensuite s’il y a des femmes sur le campement et si l’on peut l’aider à les rassembler, car elles vont être emmenées dans des lieux spécifiques. Pendant que Bahia part avec elle j’écris très succinctement sur la page Facebook du collectif. Il faut prévenir les autres soutiens que nous allons avoir besoin de renforts pour récupérer les couvertures à la fin de l’évacuation, mais il n’est que six heures et je me doute que beaucoup de téléphones sont encore éteins.

Un policier en civil, grand imperméable, cravate ajustée, sans doute le commissaire, se met alors à hurler en anglais en direction des exilés, que des bus arrivent pour les emmener vers des centres d’hébergements, mais sans plus de précisions… Sur le campement, on réveille les derniers assoupis, il y a comme un mouvement de panique. Avec Bahia nous passons entre les groupes, certains sont empressés et ramassent leurs affaires à la hâte, d’autres sont inquiets : « Où allons-nous ? Reste-t-on à Paris ? Je ne peux pas quitter Paris pour mes papiers… ». Nous tentons de les rassurer mais nous avons nous-mêmes peu d’informations. Le premier bus arrive et c’est le premier mouvement de foule. Les hommes à l’avant du trottoir sont plaqués contre la paroi du véhicule. Des membres de la préfecture et d’Emmaüs tentent d’organiser une file mais sans succès.

Un homme m’interpelle, il me parle dans une langue qui m’est inconnue, je lui demande s’il parle anglais mais il semble ne pas comprendre. Je tente de trouver un interprète mais c’est la panique autour de nous pour atteindre le bus. Il me tend alors un petit bout de papier avec l’horaire d’un rendez-vous à l’hôpital pour le matin même, puis me montre le bus du doigt. S’engage alors entre nous une communication en langage des signes. Je tente de lui expliquer que le plus important est avant tout son hébergement que l’on pourra reprendre un rendez-vous médical. Il se dirige alors vers la file et me sourit pour me signifier qu’il m’a bien comprise. Je m’en voudrai plus tard de ne pas avoir pris son numéro de téléphone afin de reprendre un rendez-vous rapide à l’hôpital. Dans la panique, j’en oublie des réflexes essentiels.

Le premier bus s’est rempli dans le chaos, le second se gare à son tour. Même cohue, une représentante de la préfecture m’agresse presque en me hurlant de les calmer. Derrière nous les policiers en civil regardent la scène. Un homme des RG filme les exilés avec une petite caméra ; cet objet que j’affectionne tant et qui est d’habitude mon outil de travail, j’ai juste envie de le lui faire avaler… Je tente de me faufiler à l’avant du trottoir pour demander aux réfugiés postés au milieu de la file de ne pas pousser, leur signifier que la police peut s’interposer violemment, mais je me retrouve engloutie dans le mouvement de foule qui accompagne l’arrivée du bus suivant. Un jeune garçon me retient par l’épaule et arrive à m’extirper de la cohue. Je le remercie, il se remet dans la file mais sous mes yeux un homme manque de se faire piétiner, alors les policiers interviennent, heureusement avec calme, et encerclent les exilés pour tenter d’organiser une file et une montée plus maîtrisée. Quand les portes du bus s’ouvrent enfin le commissaire hurle « Step back ! Step back ! ». Certains continuent tout de même d’avancer en forçant le passage. Ils ont peur qu’il n’y ait pas pas assez de place, ils ont peur de rester sur le carreau après des jours, des semaines dans le froid de l’hiver parisien ; mais leur désespoir va m’apparaître plus fort que jamais quelques minutes plus tard.

Pour les rendez-vous administratif, comme à France Terre d’Asile, les queues sont sans fin, il y a souvent des heures d’attente. De ce fait, ils n’ont pas d’autre choix que de se poster le plus tôt possible devant les bâtiments administratifs. Certains ont donc quitté le camp dès cinq heures, juste avant notre arrivée. Quand la nouvelle de l’évacuation fût avérée, des réfugiés sur le camp ont appelé ceux partis quelques minutes auparavant en leur disant de revenir, qu’il y avait enfin des bus qui venaient les chercher. Ces derniers ont alors accouru mais se sont retrouvés bloqués derrière le périmètre défini par la police. J’aperçois ainsi cinq ou six hommes au dessus de ma tête sur la passerelle du métro aérien, qui veulent prendre les escaliers pour rejoindre le campement, mais des policiers postés en haut les bloquent. J’entends des hurlements, je relève la tête et je vois un jeune Afghan se jeter dans le vide ; il se raccroche in extremis aux barreaux de la rambarde de sécurité, puis il saute et nous rejoint. Les policiers restent figés. D’autres profitent alors de ce ce moment d’inertie pour l’imiter. Ils sont moins habiles que le premier et l’un d’eux tombe directement sur le dos, un bruit mat, sourd s’ensuit et me glace, mais il se relève tant bien que mal. Les policiers sont toujours médusés, comme s’ils découvraient, tout à coup, à quoi peut mener le désespoir. Certains de ces hommes ont déjà raté une, voire plusieurs évacuations. Ils ont vu leurs amis partir et eux rester encore à la rue des semaines durant. Ils ne veulent pas rater celle-là. Ils ne veulent pas dormir, ce soir encore, sous une rame de métro. Ils ne veulent plus être considérés ainsi, après des mois de voyage pour quitter l’enfer de leurs pays et de leurs situations, ils espèrent un peu plus. Alors, entre espoir et désespoir, ils se jettent du haut des escaliers d’une station de métro du 19ème arrondissement de Paris, sous les yeux de la police.

Un troisième homme tombe sur le côté, et c’est à cet instant qu’un jeune Afghan rencontré juste avant le début de l’évacuation accroche fermement mon épaule: « Ils veulent m’emmener mais moi je vais à Calais, j’ai mon billet, explique-leur s’il te plaît ! » Un CRS l’a saisi par le bras pour le faire monter dans le bus, du coup j’ai agrippé son poignet et tire dans l’autre sens en tentant d’exposer les choses au policier. La situation est surréaliste, on l’agite comme un pantin de droite à gauche et j’ai l’impression qu’on va finir par lui casser un bras. Je crois que le CRS s’en rend compte aussi et il finit par lâcher le garçon en lui demandant de lui montrer son billet pour Calais. Après vérification, il lui ordonne de rester en retrait de la file jusqu’à la fin de l’évacuation.

Je croise alors Clothilde d’Emmaüs déjà rencontrée sur le terrain. Elle me dit qu’elle cherche son collègue Mathieu car l’un des hommes qui a sauté est grièvement blessé, elle veut retourner le voir avec lui. Mon cœur se met à battre plus fort. Je fais le tour et trouve Mathieu, nous nous rapprochons d’un petit attroupement, l’homme qui a sauté est au centre, il s’appelle Fazal. J’ai un mouvement de recul, du sang s’échappe d’un pansement de fortune fait à la hâte avec du sopalin autour de son bras. Sa main dépasse et je vois que son poignet est complètement retourné. Il pleure de douleur. Les pompiers ont été appelés il y a déjà dix minutes mais l’on ne voit rien venir. Cette image est insoutenable. Son ami assis à côté de lui est très inquiet, il nous demande si l’on a bien appelé les secours et si malgré son départ à l’hôpital Fazal aura quand même une place dans un centre d’hébergement… Nous tentons de le rassurer. Les pompiers arriveront quelques minutes après. Plus tard, Bahia me racontera qu’un policier s’était approché de Fazal visiblement pour apporter de l’aide, mais les amis du blessé avaient pris peur en le voyant. Bahia lui a alors demandé de s’écarter afin de ne pas rajouter davantage de stress à la situation. Il a donné à cette dernière des conseils à traduire au blessé en attendant les secours. Les pompiers arrivés, elle a également traduit leurs paroles à l’attention de Fazal qui a réclamé de l’eau à plusieurs reprises, mais voyant l’état de sa main les pompiers ont demandé à Bahia de lui expliquer qu’il ne pouvait pas boire, car il devrait sans doute être opéré dès son arrivée à l’hôpital. Après coup elle s’étonnera que les pompiers n’aient pas pris son numéro : qui appelleraient-ils comme « référent » en cas de problème ?

Une dizaine de bus ont déjà emmené une grande partie des exilés du campement. Il reste beaucoup de soudanais, mais ils ne se précipitent pas vers le bus qui arrive, au contraire, ils restent en retrait. Ils ne veulent pas monter, ils ont peur, car les autorités ne veulent pas leur donner de précisions sur leur destination. Des policiers commencent à empoigner violemment des réfugiés pour les faire monter de force dans le bus mais les hommes résistent, deux d’entre eux sont poussés violemment vers le sol par un CRS: « Je vais t’en foutre une moi, on verra bien si tu montes pas. ». Je tente de m’interposer entre un CRS et un exilé en disant au premier qu’il n’a pas le droit de les traiter ainsi. C’est à cet instant que j’entends l’un de ses collègues posté juste derrière moi dire : « Qu’est ce qu’elle fout là celle là ! ». Je lui réponds qu’au vu de leurs agissements il faut bien des témoins. Ces policiers cowboys et méprisants m’écoeurent et me désespèrent au dernier degrés. Certains se montrent heureusement plus conciliants. Un peu plus tôt, un jeune exilé m’a demandé si je pouvais l’aider à récupérer une partie de ses affaires restées hors du périmètre défini par la police, ils n’avaient pas voulu le laisser y aller. Après plusieurs minutes de négociations un policier accepte de m’accompagner les chercher. Sur le trajet, il me dira quand même : « vous savez, ils cherchent toujours des techniques pour parvenir à s’échapper ». Je resterai un peu circonspecte, en me demandant s’il avait compris quelque chose à ce qu’il faisait là ce matin…

Bahia discute avec un couple, on leur a dit qu’ils allaient être emmenés dans un centre spécifique, mais ils veulent rester avec leurs amis, quatre hommes qui du coup ne veulent pas monter dans le bus. Ils ont peur d’être séparés, ils ont souvent voyagé ensemble depuis des mois, vécu en groupe dans la rue à Paris, il est difficile de se dire au revoir surtout quand on ne sait pas où l’on va se retrouver. Malheureusement il n’y a pas d’alternative.

Nous tentons de rassurer les derniers exilés présents sur le camp en leur expliquant que les bus vont à Paris ou en région parisienne. Ils finissent par monter mais cela me fait mal de les sentir si apeurés, et les autorités ne nous donnent comme d’habitude aucune information qui permettrait le contraire. Nous n’avons pas le droit de savoir où ils vont être emmenés exactement, ni de monter avec eux.

Le dernier bus est parti. C’est à ce moment-là que j’aperçois le cordon de sécurité, au loin sur le boulevard, et une quarantaine d’exilés derrière. Voilà, eux restent sur le carreau. C’est reparti pour des jours de galère… Cela me tord le ventre. Malgré ce qu’on pourrait croire, les évacuations laissent un goût amer. Des soutiens, arrivés plus tôt sur place mais restés bloqués derrière le périmètre défini par la police, peuvent enfin nous rejoindre. Espérance va directement demander au commissaire s’il peut nous laisser un peu de temps pour récupérer les couvertures, avant que la Propreté de Paris ne vienne tout nettoyer. Il accepte et nous dit même que certains de ses hommes resteront pour s’assurer que l’on puisse se garer et tout charger. On place alors des cartons au sol sur le trottoir d’en face et on commence à y rassembler les couvertures et les duvets qui sont encore en bon état. Demain des soutiens devront faire une mission laverie pour tout nettoyer et avoir de quoi alimenter le prochain campement. Car dans quelques jours ils seront à nouveau trois cents, nous le savons…

Alors que j’essaie de faire un tas avec des couvertures déjà pliées, je sens une main sur mon épaule, je relève la tête et j’aperçois le large sourire de Mohammed. J’ai rencontré Mohammed au mois de novembre sur le camp de République. Mohammed vient du Soudan, il est resté des semaines durant à la rue avant que le camp de République ne soit lui aussi évacué et qu’il ait un hébergement. Je le présente à Bahia. Je suis si heureuse de le voir là. Il me dit qu’il allait prendre le métro car il a un rendez-vous à l’hôpital, il doit passer des radios il a des problèmes de dos. Mais Mohammed ne se plaint jamais alors il enchaîne vite en me disant qu’il est heureux : lundi il entame une formation en informatique. Il prend aussi deux heures de cours de français tous les jours, et je constate à quel point il a progressé. Je lui demande s’il a des nouvelles de sa famille ; la situation est compliquée là-bas. Il me répond que oui, par téléphone, « il n’y a pas Skype là-bas » me précise-t-il. Cela fait quatre ans qu’il n’a pas vu leurs visages. « Mais c’est la vie, je me dois d’être heureux maintenant » me dit-il avec son grand sourire. C’est un soleil son sourire. Je suis un peu à fleur de peau alors je retiens mes larmes. Mohammed doit partir, il est déjà en retard. Je le serre pudiquement dans mes bras. Il ne sait pas le cadeau que c’était de le voir aujourd’hui dans ce contexte, il me donne de l’espoir.

Avec Bahia nous accompagnons une partie des hommes restés sur le carreau et des nouveaux arrivants à une association non loin de Stalingrad, où ils pourront être au chaud pendant quelques minutes, boire un thé. Sur le trajet l’un d’entre eux nous parle presque avec véhémence « French people have to help refugees, you have to help us ! », il est en colère. Devant les portes du local qui n’est pas encore ouvert, nous rencontrons un jeune Afghan de seize ans. Il n’a pas de manteau, il porte un simple sweat à capuche gris et un sac en plastique à la main. Il grelotte. Nous le ramenons à Stalingrad où Espérance qui s’occupe notamment du suivi des mineurs au sein du collectif, va pouvoir l’orienter afin qu’il soit pris en charge. A peine quelques jours plus tard, refusé par l’institution chargée du pré-accueil des mineurs, cet adolescent sera logé pour quelques jours par la mère de Bahia, puis par d’autres, afin d’éviter qu’il ne passe ses nuits à la rue.

Le jeune garçon qui voulait partir à Calais nous a aidé à plier le camp, il vient me serrer la main avant de partir, je lui lance un « Good Luck », mais connaissant sa destination, je regrette presque aussitôt ces mots qui me semblent avoir perdu tout leur sens. Nous embrassons à notre tour Ezat, Espérance, Jean-Baptiste et Christine, les derniers soutiens sur place ; ils attendent qu’une voiture arrive pour charger toutes les couvertures. Nous rembarquons dans la voiture de Bahia. Il est 09h30. Nous sommes sonnées toutes les deux. On pense à tout ce qui vient de se passer, à nos ratés aussi. On appréhende un peu la journée à venir. Bahia a encore milles choses à gérer pour les distributions de nourriture de la semaine, je l’admire, comme d’autres dans le collectif, elle mène les choses avec tant de force et d’énergie, en plus de préparer sa thèse.

En arrivant chez moi j’appelle Laurent, il veut que le je lui fasse un petit compte rendu de l’évacuation pour mettre les infos rapidement sur le site du Collectif de Soutiens aux Exilé.e.s. Je me repasse le film au téléphone, puis encore une fois, alors que j’essaie de trouver le sommeil avant de travailler et que je n’y parviens pas. Mon corps est tendu, mes pensées confuses.

L’après-midi, j’anime un atelier vidéo qui vise à créer du lien entre des enfants du 19ème arrondissement et des réfugiés. Pour la première séance, seuls les enfants sont là. Nous ouvrons l’atelier en demandant ce que veut dire pour eux le mot « réfugié ». Oumar, huit ans, lève le doigt : « c’est quelqu’un qui est venu chez nous parce que chez lui c’est comme la guerre ». Je regarde ces enfants. Ils sont beaux. Nous parlons de leurs origines. Leurs familles viennent du Congo, de Hongrie, de Somalie… Je me demande alors comment cette France si belle, si riche dans sa diversité, a pu se déchirer au point d’exclure et de pousser des hommes désespérés à se jeter du haut d’une plateforme de métro, le matin-même en plein Paris.

Karine Morales

 

Pétition:

https://www.change.org/p/élus-municipaux-de-la-ville-de-paris-paris-ville-refuge-les-élus-municipaux-doivent-mieux-soutenir-les-réfugiés-à-la-rue

Cagnotte:

https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-migrants-de-republique

 

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