Parole d’exilé: « I just want to ask one question: what is my fault? » par Ezatwazir

Crédits Photograff.fr

Traduction en français en deuxième partie.

Parole d’Ezatwazir exilé afghan ayant obtenu l’asile en France au terme d’un long combat :

« Hi everyone, I just want to ask one question: what is my fault? What is my mistake? What did I do wrong? I think that my mistake is just that I was born in a country with war. My mistake is that I want an education. I want to live a life like others. We all want to live our lives but nobody lets us. I am a refugee and I don’t like to be a refugee because I would love to stay in my country. I would love to stay with my family. I would love to study in my country, to do something for my country, but because of some we had to come to Europe. We came for a beautiful future, for education, for a new life, for change; but really our life is sleeping on the street. We don’t have enough to eat, we cannot study because we are refugees. I don’t know why we don’t have those rights. I ask all European governments: why are they doing this to us? Do we have another type of blood? Are our faces not like the humans of Europe’s? My blood is red; all human blood is red, so why this difference between us and them? Sleeping outside in the cold, without food, without any help from the government… I think we lost the humanity from the world. I wish not, but when I see the people, the women, the children, lying outside, I feel so broken and hopeless. Thanks a lot to some people who became our family, our friends, who help us a lot in everything. Because of them, we have some hope that there is humanity. Your five fingers are not the same. The French government should show to the world that we are number one. Now, I am number two, in a superpower that has no power. If you cannot give homes to some refugees, that is not power. If you cannot give education to refugees, that is not power. I wish that the French government would think about us also. I wish. I hope. »

Ezatwazir

Traduction:

« Bonjour tout le monde, Je voulais juste vous poser une seule question: quelle est ma faute? Quelle erreur ai-je commise? Je pense que ma seule erreur, c’est d’être né dans un pays en guerre. C’est de vouloir une éducation, une vie comme celle des autres. Nous voulons tous vivre nos vies, mais on ne nous le permet pas. Je suis un réfugié, et je n’aime pas être un réfugié, car j’aurais voulu rester dans mon pays. J’aurais voulu rester auprès de ma famille. J’aurais voulu étudier dans mon pays, contribuer à son épanouissement, mais à cause de certains, nous avons du venir en Europe. Nous sommes venus à la recherche d’un bel avenir, d’une éducation, d’une nouvelle vie, d’un changement; mais notre vie se résume aux nuits passées à la rue. Nous manquons de nourriture, nous ne pouvons accéder aux études, car nous sommes des réfugiés. Je ne sais pas pourquoi nous sommes privés de ces droits. Je demande aux gouvernements Européens: pourquoi nous traitent-ils ainsi? Serait-ce un sang différent qui coule dans nos veines? Nos visages ne sont ils pas les mêmes que ceux des hommes en Europe? Mon sang est rouge, le sang des hommes est rouge, alors pourquoi cette différence? Dormir dehors, dans le froid, sans nourriture, sans aide de la part du gouvernement… je pense que nous avons vidé cette terre de son humanité. J’aurais aimé dire autrement, mais quand je vois ces hommes, ces femmes, ces enfants, allongés dans nos rues, mon coeur de fend, et je me sens sans espoir. Merci énormément à ceux que nous ont aidé, devenant une deuxième famille, des amis proches. A cause de ces personnes, nous osons encore espérer qu’il nous reste de l’humanité. Vos 5 doigts ne sont pas les mêmes. Le gouvernement français devrait montrer au monde entier que nous sommes son premier doigt. Actuellement, je suis le deuxième, dans une puissance mondiale sans puissance. Si vous ne pouvez loger des réfugiés, vous êtes sans puissance. Si vous ne pouvez les éduquer, vous êtes sans puissance. J’aimerais que le gouvernement français réfléchisse à cela, et à nous, aussi. J’ose rêver. J’ose espérer. »

Ezatwazir

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