Rue Pajol: deux mondes face à face

C’est vrai qu’en arrivant par le métro la chapelle, on peut ne rien remarquer. Il suffit de déambuler sur la 1ère partie de la rue Pajol, de bars en commerçants branchés, et de s’arrêter au milieu, pour ne pas savoir. Ne rien voir. ET du même coup ne pas être « titillé » par un « je ne sais quoi » de mal être qui vous emplit un peu partout parce que « Que faire »?
Que faire devant ce nouveau camp de migrants de la Halle Pajol constitué depuis 3 jours après la dispersion du camp de la Chapelle? Et non les centaines de personnes venues se réfugier dans notre capitalisme épanoui ne se sont pas désintégrées. Elle sont restées unies, par simple réflexe de survie. Et on refondé un campement un peu plus loin, par simple réflexe de survie aussi. Que faire contre leur regard même pas méchant, leurs pieds nus et leurs fringues de fortune. Doit-on les ignorer et siroter tranquilou notre rhum-gingembre péruvien, ou bien se lever et franchir le pas pour aller de l’autre côté des camions-boutique; barrage visuel masquant la fin de la rue, pour empêcher l’autre réalité de déranger les consommateurs si précieux pour la Mairie, pour maintenir le confort artificiel des clients à quelques pas de notre politique d’accueil des réfugiés en France, de notre honte. Une image violente de notre société déresponsabilisée et déshumanisée.
Si certains se blottissent derrière leur comportement exemplaire de citoyen responsable « qui paye ses impôts », la plupart ont un goût amer dans la bouche, même après une succulente glace au melon fouetté à la pointe de carpe diem.
Pour ces derniers, Agathe a une solution. Elle propose tout un tas d’activités listes sur un flyer qu’elle distribue à ceux qui veulent bien l’entendre. Et ils ont été nombreux. Entendez cela Mme Hidalgo, « ILS ONT ETE NOMBREUX ». Tandis que Marie-Laure les invite à accepter leur soudain sentiment de mal être comme une chance de mieux se rencontrer soi-même, et d’évoluer humainement.
Les deux mondes de la rue Pajol ont donc passé l’après-midi en mode « côte à côte », symboliquement « séparés » par ces deux énormes camions. Mais la Batucada qui animait le côté des commerçants a franchi le cap de la rencontre et offert aux réfugiés et aux soutiens un véritable moment de grâce.

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