Baladé de gymnase en hôtel, d’hôtel à rien! Par Agathe Nadimi.

Baladés de gymnase en hôtel, d’hôtel à rien… retour à la case départ après ces évacuations sans aucune issue…
Exemple non exhaustif d’une situation scandaleuse parmi tant d’autres :
Suite à une obligation de changement d’hébergement, des demandeurs d’asiles hébergés à l’Hôtel Première classe de Beauvais depuis l’évacuation du 6 juin du campement d’Eole se trouvent ce soir 9 juillet sans hébergement, à nouveau à la rue.
Depuis un mois, ils n’ont reçu aucun suivi des assistants sociaux sur place pour les orienter à faire leur démarches administratives, trouver des cours de français, totalement obligés de se débrouiller tout seuls sans connaître la langue, de se rendre régulièrement à Paris pour commencer à faire leurs demande d’asile, vérifier leurs courriers, leurs convocations, se rendre à la préfecture…
Hier, 08 Juillet, pendant que certains d’entre eux étaient à Paris, il y a eu ce changement brutal d’hébergement, sans information ni préavis. D’après les demandeurs d’asile, ils n’étaient pas informés en avance de ce changement d’hôtel, on les a mis dehors en leur refusant l’accès à leur chambre et on leur a donné un bout de papier indiquant l’adresse du nouvel hôtel sans aucune explication, ni aide pour s’y rendre, « using public transport », sans titre de transport, faut pas pousser et si cela pouvait donner lieu à un contrôle et à une OQTF, sûrement que ça serait toujours ça de gagner pour la préfecture en ces temps de chasse aux migrants.
Pour les absents qui sont rentrés dans l’après-midi et qui n’étaient pas dans leur chambre lors de ce changement, leurs affaires personnelles avaient disparu, la responsable de l’hôtel a bien confirmé que tout a été mis dans à la poubelle par la femme de ménage… le peu de choses qu’ils avaient: leurs papiers, leur argent, leurs médicaments, le peu de vêtements donnés par les soutiens du temps du campement, plus rien ! « ils avaient qu’à être là au bon moment, tant pis ! » Désespérés sans plus un endroit pour dormir le soir, sans pouvoir rentrer à Paris car il n’y avait plus de bus ni de train pour Paris, sans avoir d’argent et sans pouvoir manger ils ont été obligé de passer la nuit à la rue… C’est n’est pas la première fois qu’on jette les affaires des demandeurs d’asile à la poubelle, police, services de nettoyages, ça continue dans les hôtels… à 20h ce soir, ils arrivaient l’âme en peine à gare du nord, totalement perdus, ne sachant quoi faire, ni ou aller… leurs amis sont « relogés » au Campanile de Saint Denis, leurs seuls amis sur cette « France terre d’asile », ils viennent de me dire qu’ils vont aller là-bas même si aucune chambre n’est prévue pour eux, juste pour trouver un peu d’amitié…
En parallèle, et dans la même série du « on remplit les gymnases, on les vide, on les rempli à nouveau finalement un peu plus, on trouve un hôtel à faible taux de remplissage, puis on vire cause réservations de dernière minute sur booking.com » 11 coéquipiers laissés sur le carreau dans l’opération « vidage » du gymnase de Lagny, même pratique « bout de papier » de l’hôtel Formule 1 Marne la vallée pour Cergy, convoi pour Mulhouse depuis le gymnase débordant d’hospitalité du 15 ème…
On ne compte plus les mineurs, les femmes et les familles qui dorment dehors chaque nuit, les familles, certaines avec bébé sans rien qui appellent au secours dans ces hôtels inadaptés sans même du lait en poudre, des couches et sans l’espoir de pouvoir enfin poser leur valise, la peur au ventre de se retrouver du jour au lendemain une nouvelle fois à la rue. On ne devrait pas s’en faire, Emmaüs et le Samu social sont là… et pourtant… nous aussi… nos téléphones sonnent, on répond pour eux, par solidarité, par Humanité, il n y ’a pas d’heure pour cela … j’essaie d’appeler les institutions mais elles, elles ne répondent pas…
Bienvenue en France !

Agathe Nadimi

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